Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 20:17
Partir, rester... Mais où ? Là est la question. Avantages, inconvénients... Où est la fuite ? Où est la raison ? Où est mon intérêt ? J'ai bien du mal à reconnaitre le courage de la facilité ou de la fatalité... Bien du mal à savoir ce que je veux, ce que je peux.

Reculer pour mieux sauter ? Prendre le risque de stagner pour espérer avancer ? Je suis à la croisée des chemins...

Je croyais avoir fait mon choix. Je n'y réfléchissais déjà plus, depuis quelques temps, que d'un point de vue pratique. Je voyais ma décision comme la seule raisonnable, la meilleure... Mais n'est-ce pas finalement parce qu'elle est la plus simple ? Ou bien plutôt celle qui correspond le mieux à mon vieux penchant pour la fuite. Est-ce parce que les herbes ont envahi le chantier ou qu'un mur s'est écroulé qu'il faut tout recommencer sur un nouveau terrain... En laissant derrière soi tous les ouvriers ?

Suis-je déjà un peu plus fort ?


Au fond je sais bien pourquoi j'ai voulu me complaire dans la voie de l'apparente raison... Je suis fatigué de lutter contre la fatigue qui m'empêche de lutter. Cette apathie gluante qui me poursuit depuis, depuis...

Je sais bien que je devrais arrêter de me poser tant de questions et simplement trancher enfin - tel Raoul Razorbak confiant ses décisions les plus difficiles à une innocente pièce de monnaie. Je vais y penser...

Tout, dans la vie, est l'affaire de choix. Cela commence par : la tétine ou le téton ? Et celà s'achève par : le chêne ou le sapin ?
(Pierre Desproges)

            
Par Bélisaire - Publié dans : Au jour le jour - Communauté : Les rêveurs naîfs
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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 /07 /Juil /2009 18:05
Serais-je en peine d'inspiration ? C'est l'impression que me fait le titre malheureux, un peu racoleur, de ce billet. Détourner le titre d'un succès du cinéma est un peu facile. Un peu osé aussi lorsque l'on appartient à une minorité cinématographique : ceux qui ne l'ont pas vu, n'ont pas l'intention de le voir et n'aspirent pas particulièrement à le dénigrer. A moins, après tout, que je ne nie cette parenté que je dénonce moi même...

Et bien oui, pourquoi pas, après avoir écrit ça c'est fait en guise de titre j'ai simplement repensé à ma première vision en pénétrant dans le bâtiment de psychiatrie : une lourde porte blindée égayée tout de même par la teinte orangée de certains barreaux. J'ai longtemps eu un gros faible pour la couleur orange mais là on entre dans le vaste domaine du détail sans intérêt...

Je reprends. Un grand hôpital, un pavillon récent, une porte blindée, un ascenseur non moins blindé. Quelques formalités paperassiques menées de main de maitre (ou presque... ma carte vitale ne marche pas, quelle surprise !) et me voilà embarqué dans une attente au long cours. Prudemment arrivé avec une grande avance j'ai d'abord été seul avant que le couloir d'attente ne s'anime peu à peu me rendant à la longue légèrement nerveux. Si seulement tout le Monde pouvait rester assis tranquilement à lire un livre au lieu d'aller et venir, échanger Gala contre Voici ou demander à tous ses voisins à quelle heure ils ont rendez-vous...

200 pages plus tard voilà ce brave et talentueux (ça on l'espère) psychiatre qui daigne nous honorer de sa présence. Voilà, voilà... C'est à moi.

Je lui serre la main, il a un grand sourire, j'essaye d'y répondre tant bien que mal même si je me demande si mes sourires ne ressemblent pas à des moues gênées. Bref, on s'en fout... Deux fauteuils m'attendent en face de son bureau... Mais lequel choisir ? La merveilleuse mécanique de mon cerveau m'inspire de m'installer dans celui qui se trouve juste en face du sien (ah ben oui chez le psy il n'y pas que les patients qui sont tordus : le bureau aussi... ok c'est pas drôle).

Je prends place avec dignité, bien décidé à ne pas adopter ma récurrente position dite des bras croisés qui me sert lorsque je ne sais pas quoi en faire c'est à dire très souvent. Le voilà qui me demande ce qui m'amène... Un bon vent, quelle question ! D'autant qu'il a eu vent (là j'arrête... ceci dit il y avait de violents orages) des raisons par le médecin généraliste qui m'a adressé à lui.

Comme je m'y attendais je parle, parle, parle... C'est déjà bien. Tout est évidemment terriblement décousu... Il faut dire que j'ai déjà eu dans ma tête, ces deniers jours, des heures et des heures de dicussion (de monologues plutôt) avec lui (ce dont le pauvre ne peut bien sûr pas se douter !). Les principales idées que je voulais faire passer sont passées je crois, j'espère...

Quelques questions de sa part. Il n'a pas dépassé les limites, il a eu de la chance... Je parle de limites qui lui auraient aliéné ma confiance : il s'est globalement abstenu d'apporter de quelconques interprétations à mes propos. Je n'aurais pas supporté qu'on émette des théories sentencieuses sur ma petite santé mentale après quelques minutes alors que je travaille à me connaître depuis tant d'années... Sans me croire jamais arrivé à une vérité absolue !

Ainsi donc je vais lui accorder ma confiance, je le reverrai dans un peu plus d'un mois. Bon, c'est vrai, il m'a parlé des approches psychanalytiques et médicamenteuses selon lui tout à fait complémentaires. Certes... J'ai réussi à exprimer mes réticences face aux médicaments... J'ai une prescription, libre à moi de l'utiliser ou pas.

Je pense le faire, après réflexion et renseignements sur le produit. Je me suis certes toujours tenu loin des produits qui pourraient altérer mon jugement... Quoi qu'étant moi même un rien torturé je voulais rester maitre de moi. Je vis avec l'angoisse depuis si longtemps... Ce n'est au fond même pas le problème essentiel pour moi, persuadé que je suis qu'arriver à voir enfin au-delà du très court terme m'aidera justement à la surmonter... Il est vrai que réduire l'angoisse au préalable doit pouvoir aider.

S'agissant de l'approche psychanalytique elle ne m'intéresse a priori pas quoi que son canapé ait l'air particulièrement confortable... Après tout j'ai passé ma vie à m'analyser. C'est sans doute présomptueux mais je ne crois pas que passer des années à raconter des années plus anciennes à un monsieur qui prend des notes me soit particulièrement nécessaire...

Qu'est-ce que j'ai tiré de ce rendez-vous ? A vrai dire c'est comme si je n'y avais pas vraiment été, c'est déjà du domaine de l'iréel, de l'étrange, du flou... Mais au moins j'ai parlé. Que ce soit ici, avec mes proches et donc avec ce psychiatre j'ai plus parlé ces dernières semaines en particulier que tout au long de ma vie. De là à dire que je suis sur le chemin de la communication...

Voilà, voilà... C'est déjà ça comme chantait Souchon.
Par Bélisaire - Publié dans : Bienvenue chez les Psy - Communauté : partage
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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /Juil /2009 22:21
C'est si dur de communiquer. Que faire lorsque les personnes qui vous assurent à longueur de temps que vous pouvez tout leur dire et qu'elles peuvent tout comprendre semblent totalement hermétiques lorsque vous avez enfn la force d'exprimer vos plus douloureux et profonds ressentis ?

Oui, je peux tout vous dire, lorsque ça ne va pas... Mais vous n'en tenez finalement aucun compte lorsque cela ne cadre pas parfaitement avec ce qui doit être votre idée préconçue des choses. Même lorsque je le dis c'est comme si vous ne l'entendiez pas, comme si certaines choses étaient tellement absurdes qu'elles ne méritent même pas d'être envisagées...

Ce que je désire par-dessus tout c'est le simple sentiment d'être un peu compris, après tant d'années. Au-lieu de ça je me sens toujours encore nié parce que ces choses que je garde enfuies depuis si longtemps sont simplement écartées par le silence ou pire...


Ne pouvez vous accepter les choses parce que vous n'avez pas su les voir ou les comprendre ? Je ne reproche rien... J'espère seulement.

Et vous continuez à m'inciter à parler... En toute sincérité. Mais à quoi bon ? Je n'ai pas la force d'insister encore et encore jusqu'à ce qu'on m'écoute vraiment... Continuer à cacher et à édulcorer ce que je vis chaque jour ? Même ça je n'en ai plus la force... Et pourtant le plus souvent il suffit de laisser imaginer.

Est-ce que je peux vraiment espérer progresser si les personnes supposées les plus proches de moi me conduisent à continuer de minimiser mes souffrances, l'omniprésence et l'ancienneté de mes difficultés, malgré tout ce qu'elles savent... ?!

Les hommes ne sont convaincus de vos raisons, de votre sincérité, et de la gravité de vos peines, que par votre mort. Tant que vous êtes en vie, votre cas est douteux, vous n'avez droit qu'à leur scepticisme.

                                                                                                                   Albert Camus, La chute
Par Bélisaire - Publié dans : Au jour le jour - Communauté : Les rêveurs naîfs
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