Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 17:25
Je mets un point d'honneur à ne pas faire de ce blog un sanctuaire du copier-coller comme on en voit tant mais puisqu'il est un lieu où je me livre, qui doit me ressembler, pourquoi ne pas y partager ce que j'ai aimé ? Pour ce faire la citation partielle ou complète est parfois un passage obligé - même s'il me tient à coeur que les mots déposés ici soient avant tout les miens - et pourquoi vouloir décrire si mal ce que d'autre on si bien écrit ? Assez de justification... Place à un poème de Baudelaire tiré des Fleurs du mal mais que j'ai tout d'abord découvert dans une Anthologie de la poésie française que l'on doit à Georges Pompidou.


J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.


Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C'est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
- Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.



Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L'ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l'immortalité.
- Désormais tu n'es plus, ô matière vivante !
Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d'un Saharah brumeux ;
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche
Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.


Que dire sur l'impression que m'a fait ce poème ? Tour à tour puissant, troublant, ou terriblement désuet il ressemble tellement à ce qu'il dit... Suranné. Sans doute la tristesse tranquille qui émane de ces vers correspondait terriblement bien à mon état d'esprit lorsque je les ai découvert. Une description à la Balzac, saupoudrée de poussière, on imagine bien... Mais voilà ces vers qui s'acharnent, ces morts. Des vers, de gros vers blancs dans un tableau de Boucher, quelle idée ! De quelques mots on voyage en images et en émotions... J'aime, je suis frustré... Pourtant, surtout, j'aime !
Par Bélisaire - Publié dans : Leurs mots - Communauté : partage
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 10:20
Je n'arrive toujours pas à écrire ici. Je ressens pourtant toujours plus pressant le besoin de poser des idées quelque part histoire de savoir... Me relire et savoir où j'en suis vraiment, ce qu'ont été ces derniers mois et surtout ces dernières semaines. Quels ont été les vrais mieux ? Mes avancées sont-elles solides ou illusoires ? Que faire contre les faiblesses les plus coriaces et les plus handicapantes ? Que suis-je ? Ma carapace est-elle vraiment en train de tomber ? Les réponses que j'entrevois sont-elles justes ou est-ce ma recherche qui est stupidement vaine ?

Que de questions qui vont et viennent dans ma conscience avec une telle rapidité que je suis incapable de m'arrêter à de quelconques conclusions, pas même de m'y essayer, je dois me contenter d'imbriquer les différents éléments de toutes les manières possibles... Tous les possibles s'entrechoquent sans que je puisse durablement m'arrêter sur l'un plutôt que les autres. Et sans cesse viennent s'ajouter de nouveaux éléments, de nouveaux questionnements...

Malgré tout l'action, la vraie, concrète, s'intensifie. Bien sûr pour un regard non averti c'est toujours l'inertie qui domine bien aidée par la fatigue qui persiste. J'agis... Lentement mais sûrement mes possibilités semblent s'accroitre, pas à pas je rehausse mes défis. Oui... Mais n'est-ce pas une illusion ? Ne suis-je pas voué à me jeter dans une nouvelle impasse ? Est-ce que je ne suis pas condamné à buter sans cesse sur ma difficulté avec l'autre ?

Ce serait plus facile d'y croire vraiment si l'épuisement incompréhensible ne me condamnait pas à m'effondrer à chaque marche...

Alors oui, le lavomatique est devenu une habitude, le cinéma aussi, j'ai recommencé à fréquenter musées et expositions, aller dans de nouveaux lieux devient envisageable, ces dernières semaines m'ont bien vu affronter un grand nombre de situations angoissantes telles que les coups de téléphone ou les visites à une administration, oui je peux également être assez satisfait de ma capacité à digérer les coups du sort comme celui dont je parle un peu plus bas... Alors oui, depuis plusieurs semaines - j'en suis à ne plus pouvoir me rappeler combien - je n'ai jamais dû rester plus d'une journée enfermé chez moi et certaines m'ont même vu affronter le dehors plus de huit jours d'affilée... J'ai réussi, une fois, à manger tout seul dans un genre de restaurant. Oui, j'ai repris contact avec l'une ou l'autre personne. Des sentiments et des émotions semblent se libérer après tant d'années... Oui, j'ai fait des choses nouvelles et, quoi que dans un lointain aux airs d'infini, des projets semblent pouvoir être envisageables, à terme...

Oui, ça bouge... Je devrais être content, je progresse. Mais toujours cette fatigue ! Ces questions et cette fatigue surtout elle. Cet épuisement perpétuel...

Je pourrais y croire... Mais à quoi ? Me voilà toujours en quête de sens...
Par Bélisaire - Publié dans : Au jour le jour
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 22:12
Il y aurait assurément une foule de choses que j'aimerais écrire en ce moment pour les déposer ici et pourtant rien ne vient. Peut-être est-ce parce qu'il se passe trop de choses en même temps, parce que trop de questions se bousculent dans ma tête pour que je parvienne à oublier les autres juste le temps qu'il faut pour tenter d'en décortiquer une... J'ai bien lâché quelques idées ça et là, pris des notes sur mon portable, noirci les pages d'un petit carnet et des post-it, bien sûr j'écris ailleurs et ai même essayé d'amorcer quelques billets. En fait ça bouillonne, ça détonne je m'étonne... Ces choses qui menacent à nouveau de me submerger j'aimerais pourtant vraiment les analyser et c'est ici, je crois, que je peux espérer le faire au mieux. Mais, le blanc...

Qu'importe, ça viendra. Les choses bougent et le mouvement c'est la vie. Oui, je suis vivant et commence à me sentir comme tel, au propre aussi bien qu'au figuré.

Même, j'ai envie d'aimer...
Par Bélisaire - Publié dans : Au jour le jour
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