Lundi 16 février 2009
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17:06
J'ai
toujours été réputé m'intéresser aux détails. Lorsque je rapporte des évènements je ne peux m'empêcher d'entrer dans les détails de ce qui s'est passé : ce sont les détails inutiles mais
pas nécessairement sans intérêt ; quand j'entre dans une pièce je ne relève pas la présence d'une bibliothèque mais d'une bibliothèque pleine de livres et veux savoir lesquels et me
soucie bien plus de cet objectif que de la conversation des gens qui m'entourent : c'est la revue de détail ; lorsque quelqu'un me fait relire un travail je relève ses erreurs mais ne peux
m'empêcher de lui énumérer toutes les choses qu'à sa place j'aurais formulé de manière différente : ce sont les détails intégristes ; si quelqu'un raconte une anecdote et qu'elle n'est pas
inédite les autres ne semblent pas toujours s'en souvenir, moi je me rappelle quand et où il l'a dit, je me souviens qu'il employait exactement les mêmes expressions ou qu'il a changé un détail, ça
m'ennuie, parfois je ne peux m'empêcher de le lui faire remarquer : c'est le détail qui tue. Lorsqu'il s'agissait de retrouver un petit objet égaré par terre, une petite boucle d'oreille,
j'étais toujours celui qui avait la main heureuse...Les autres ont souvent l'air de se contenter de voir les ensembles, où qu'ils soient - en caricaturant - ils avancent la tête droite, jetant des regards à droite ou à gauche. Moi je regarde de haut en bas, de droite à gauche et me trouve toujours attiré par des détails qui ne manquent pas de m'intriguer et posent souvent des questions à lesquelles il faut alors répondre... A quoi ça sert ? Qu'est-ce que ça fait là ? Comment ça marche ?
Tout ensemble n'est jamais que le résultat d'une multitude de détails qui ont tous leur importance !
Dans les musées tout le monde va trop vite à mon goût. Prenez une vitrine pleine d'armes et d'armures anciennes : beaucoup de gens vont passer devant sans vraiment s'arrêter, embrassant l'ensemble d'un regard, et décider qu'ils en ont vu assez de la salle en ayant survolé ainsi le 1/4 des vitrines. D'autres vont s'arrêter un instant devant chaque vitrine pour mieux voir l'ensemble. Plus rare sont ceux qui vont vaguement regarder chaque objet sinon lire les éventuelles explications...
Moi je ne me limite pas à une vitrine, à des objets mais aux détails des objets. Bien sûr on ne peut pas le faire tout au long d'un musée, parce que le temps passe, qu'on est pas toujours seul ni non plus tout à fait dingue. Mais, souvent avant de lire le panneaux explicatifs, je vais me pencher sur l'épée, essayer de deviner l'époque et le lieu de fabrication à sa forme et ses décorations, essayer de déchiffrer les écritures qu'elle peut porter. Passant à l'armure je vais observer les lanières de cuir qui relient les différents éléments, essayer de comprendre la manière dont elle est faite pour permettre à son propriétaire de se mouvoir, comment ses formes devaient le protéger des coups...
Sous le portail d'une cathédrale gothique je ne vais pas dire "que de statues, c'est fou" et passer mon chemin, mais observer les scènes que forment les statues, ce qu'elles représentent...
Devant un tableau grand format je dois bien sûr embrasser l'ensemble mais je ne peux m'empêcher de m'en rapprocher pour observer les détails : dans une foule un bras qui semble venir de nulle part ou dont la positionnement est physiologiquement improbable vis à vis du corps auquel il appartient, le petit village esquissé en arrière plan,etc. Je peux passer de longues minutes devant un tableau et ce n'est pas pour donner l'impression d'y connaître quelque chose à la peinture, juste parce que c'est beau et que j'aime les détails...
Les plans, cartes et maquettes me fascinent également - pas celles faites en allumettes si ça vous rassure - par la multitude de détails qu'ils contiennent, par leurs formes géométriques, par toutes les informations qu'ils peuvent donner, par leur beauté aussi qui les élève parfois au rang d'oeuvres artistiques...
J'ai pris ces exemples pour expliquer la manière dont je fonctionne mais ils valent aussi pour la vie de tous les jours. Si j'ai devant moi une boîte de céréales je vais lire ce qui y figure, l'observer. Lorsque je fais le pied de grue en attendant un bus je suis attentif aux détails qui m'entourent : les gens, les bruits, les choses. On dirait qu'il y a tellement d'informations qui arrivent à mon cerveau qu'il sature et panique, je me retrouve comme dans l'oeil d'un cyclone...
Je suis retombé aujourd'hui sur mes cours de mathématiques de
seconde générale. A cette époque, et depuis une incompatibilité totale d'humeur avec mon enseignant de 3ème, j'avais déjà bien admis que je ne devais plus me faire la moindre illusion à ce sujet :
j'étais nul en maths. Partant de ce simple constat j'avais relégué cette matière très loin dans la liste de mes priorités...
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