Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 17:06
Vernet (Horace), Philippe Auguste à la bataille de Bouvines, 27 juillet 1214 J'ai toujours été réputé m'intéresser aux détails. Lorsque je rapporte des évènements je ne peux m'empêcher d'entrer dans les détails de ce qui s'est passé : ce sont les détails inutiles mais pas nécessairement sans intérêt ; quand j'entre dans une pièce je ne relève pas la présence d'une bibliothèque mais d'une bibliothèque pleine de livres et  veux savoir lesquels et me soucie bien plus de cet objectif que de la conversation des gens qui m'entourent : c'est la revue de détail ; lorsque quelqu'un me fait relire un travail je relève ses erreurs mais ne peux m'empêcher de lui énumérer toutes les choses qu'à sa place j'aurais formulé de manière différente : ce sont les détails intégristes ; si quelqu'un raconte une anecdote et qu'elle n'est pas inédite les autres ne semblent pas toujours s'en souvenir, moi je me rappelle quand et où il l'a dit, je me souviens qu'il employait exactement les mêmes expressions ou qu'il a changé un détail, ça m'ennuie, parfois je ne peux m'empêcher de le lui faire remarquer : c'est le détail qui tue. Lorsqu'il s'agissait de retrouver un petit objet égaré par terre, une petite boucle d'oreille, j'étais toujours celui qui avait la main heureuse...

Les autres ont souvent l'air de se contenter de voir les ensembles, où qu'ils soient - en caricaturant - ils avancent la tête droite, jetant des regards à droite ou à gauche. Moi je regarde de haut en bas, de droite à gauche et me trouve toujours attiré par des détails qui ne manquent pas de m'intriguer et posent souvent des questions à lesquelles il faut alors répondre... A quoi ça sert ? Qu'est-ce que ça fait là ? Comment ça marche ?

Tout ensemble n'est jamais que le résultat d'une multitude de détails qui ont tous leur importance !

Dans les musées tout le monde va trop vite à mon goût. Prenez une vitrine pleine d'armes et d'armures anciennes : beaucoup de gens vont passer devant sans vraiment s'arrêter, embrassant l'ensemble d'un regard, et décider qu'ils en ont vu assez de la salle en ayant survolé ainsi le 1/4 des vitrines. D'autres vont s'arrêter un instant devant chaque vitrine pour mieux voir l'ensemble. Plus rare sont ceux qui vont vaguement regarder chaque objet sinon lire les éventuelles explications...

Moi je ne me limite pas à une vitrine, à des objets mais aux détails des objets. Bien sûr on ne peut pas le faire tout au long d'un musée, parce que le temps passe, qu'on est pas toujours seul ni non plus tout à fait dingue. Mais, souvent avant de lire le panneaux explicatifs, je vais me pencher sur l'épée, essayer de deviner l'époque et le lieu de fabrication à sa forme et ses décorations, essayer de déchiffrer les écritures qu'elle peut porter. Passant à l'armure je vais observer les lanières de cuir qui relient les différents éléments, essayer de comprendre la manière dont elle est faite pour permettre à son propriétaire de se mouvoir, comment ses formes devaient le protéger des coups...

Sous le portail d'une cathédrale gothique je ne vais pas dire "que de statues, c'est fou" et passer mon chemin, mais observer les scènes que forment les statues, ce qu'elles représentent...

Devant un tableau grand format je dois bien sûr embrasser l'ensemble mais je ne peux m'empêcher de m'en rapprocher pour observer les détails : dans une foule un bras qui semble venir de nulle part ou dont la positionnement est physiologiquement improbable vis à vis du corps auquel il appartient, le petit village esquissé en arrière plan,etc. Je peux passer de longues minutes devant un tableau et ce n'est pas pour donner l'impression d'y connaître quelque chose à la peinture, juste parce que c'est beau et que j'aime les détails...

Les plans, cartes et maquettes me fascinent également - pas celles faites en allumettes si ça vous rassure - par la multitude de détails qu'ils contiennent, par leurs formes géométriques, par toutes les informations qu'ils peuvent donner, par leur beauté aussi qui les élève parfois au rang d'oeuvres artistiques...

J'ai pris ces exemples pour expliquer la manière dont je fonctionne mais ils valent aussi pour la vie de tous les jours. Si j'ai devant moi une boîte de céréales je vais lire ce qui y figure, l'observer. Lorsque je fais le pied de grue en attendant un bus je suis attentif aux détails qui m'entourent : les gens, les bruits, les choses. On dirait qu'il y a tellement d'informations qui arrivent à mon cerveau qu'il sature et panique, je me retrouve comme dans l'oeil d'un cyclone...
Par Madspirit - Publié dans : Des mots
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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 13:12
Je suis retombé aujourd'hui sur mes cours de mathématiques de seconde générale. A cette époque, et depuis une incompatibilité totale d'humeur avec mon enseignant de 3ème, j'avais déjà bien admis que je ne devais plus me faire la moindre illusion à ce sujet : j'étais nul en maths. Partant de ce simple constat j'avais relégué cette matière très loin dans la liste de mes priorités...

Une liasse de devoirs maison couverts de rouge, de points d'exclamation, d'interrogations et de remarques vaguement teintées de désespoir qui viennent défigurer atrocement une présentation soignée. Pourquoi tant de rouge ?

Au premier regard on constate un gros problème d'étourderie. Dans un exercice, en passant d'une ligne à l'autre, un 6 devient un 8, un petit a devient un petit b ou c. Et bien oui, j'ai toujours eu la tête ailleurs, j'ai toujours été extrêmement attentif à tout ce qui m'entourait - quand j'entendais un bruit je relevais la tête et souvent cherchait à en comprendre l'origine et puis le moindre spectacle s'offrant à mes yeux pouvait longuement monopoliser mon attention : le vol d'une mouche, la neige qui tombe, les tags et gravures sommaires sur la table, des taches d'encre sur le mur - j'ai toujours pensé à un million de choses, toujours été dans mon propre monde... Comment ne pas oublier une virgule de temps en temps ? Manque de rigueur qu'ils disaient, tu manques de rigueur !

D'autres fois on sent que la méthode est simplement inconnue, qu'elle devait être relativement simple, qu'il suffisait de l'appliquer mais que je ne m'étais pas donné la peine de l'apprendre...

Parfois enfin le corps d'un exercice n'est pas barbouillé de rouge : je n'ai commis aucune faute d'étourderie et le résultat est correct. Mais viennent alors dans la marge de grandes questions : pourquoi n'avez vous pas appliqué la méthode du cours ? Où est votre raisonnement ? Trop compliqué, vous allez trop loin, vous n'allez pas assez loin, le résultat est juste mais pas présenté comme indiqué dans le cours, vous n'avez pas appliqué la méthode du cours... Manque de rigueur !

Oui... Et bien ? On me demande de résoudre un problème, j'essaye de le faire. Si j'y arrive sans ouvrir mon livre ou mon cahier de cours, qu'importe la manière si le résultat est juste ? Ce pourrait être un hasard, mais un bon professeur de maths devrait réaliser à quel point la probabilité était faible que j'arrive aussi souvent à un résultat correct avec un raisonnement apparemment incomplet ou différent de celui donné en exemple. Parfois des résultats semblants venus de nulle part, c'est vrai... Manque de rigueur !

Copieur ? Non, je n'ai jamais aimé copier, je n'y ai jamais vu d'intérêt... Je ne me suis jamais soucié de mes notes d'un point de vue personnel, je m'en voulais juste quand elles me semblaient mauvaises vis à vis de mes parents : ne pas les décevoir. A quoi bon copier ? Les principes qui m'ont fait avancer ont toujours été la logique, la recherche des raisons, la compréhension... Je n'ai jamais rien voulu apprendre par coeur, à quoi bon ? Pourquoi restituer un cours que je n'aurais pas l'impression d'avoir compris ? Si je l'ai compris pourquoi aurais-je besoin de l'apprendre par coeur ? Si j'ai été incapable de le comprendre à quoi le recracher me servira-t-il sinon à obtenir une bonne note illusoire ? Fainéant...

En maths comme ailleurs n'ai jamais brillé dans les restitutions de cours. J'avais bonne mémoire mais pas suffisamment pour recracher des formules toutes faites. Quand la moyenne de la classe était 18 je ne devais guère dépasser la moyenne... Je pouvais au contraire avoir 18 lorsque la moyenne générale plafonnait aux alentours de 10. J'aimais qu'on me laisse écrire, raisonner, essayer d'expliquer et surtout de comprendre. Fainéant ?

Je n'ai jamais su me plier à ce dont je ne comprenais pas l'utilité, à ce qui froissait ma vision des choses, ma logique très personnelle...

Qu'importe que je n'ai jamais été capable de retenir une seule règle de grammaire, que les règles orthographiques m'aient été amphigouriques et que les analyses grammaticales aient toujours été un cauchemar pour moi ? Qu'importe puisque j'ai toujours su écrire sans commettre un nombre excessif de fautes ? Manque manifeste de bonne volonté ?

Quand j'entends pleurer un enfant dans un hall de gare ou dans une bibliothèque je ne me dis pas "faites taire ce marmot !" mais tente de comprendre pourquoi il pleure. Lorsque l'on m'impose une règle j'ai besoin de savoir si son utilité est à la hauteur du renoncement à ma liberté qu'implique le fait de la respecter. Face à un problème je ne supporte pas ces gens qui s'agitent ou agissent sans réfléchir. Au risque de paraître lent ou détaché je crois que s'il faut prendre une décision dans l'urgence il n'importe pas moins de prendre la meilleure ! Si vous venez médire sur une personne que je ne connais pas j'essayerais de mesurer la part d'objectivité dans vos paroles, de comprendre pourquoi l'inconnu en question agit de la manière que vous dites, plutôt que d'abonder dans votre sens par facilité il se pourrait bien que je prenne sa défense... Non, je n'accepte rien sans réfléchir.

C'est une base de la société humaine pourtant que d'admettre ce qu'on nous dit sans toujours le remettre en question. On a condamné un homme, il a été jugé coupable, c'est dans l'ordre des choses, bien fait pour lui c'est la justice. Mais au-delà d'un verdict, en tant que spectacteur lointain, peut-on se permettre de cataloguer ainsi un homme dont on ne connaît qu'une infime parcelle par le truchement d'un verdict plus ou moins bien résumé par un média ? Si on est incapable d'essayer de comprendre comment il en est arrivé là, si après tout on a autre chose à faire et c'est légitime, pourquoi commenter de manière convenue ? Ne peut-on pas s'abstenir tout simplement d'émettre un jugement, admettre qu'on ne sait pas ?

Je me suis égaré, comme souvent, j'écris au fil de mes pensées qui s'éloignent de mon intention de départ, si je me relisais il y à fort à parier que je devrais déjà réviser bien des choses que j'ai écrites. J'ai divagué pour le seul plaisir d'écrire, à seule fin d'essayer de comprendre un peu mieux quelque chose, en l'occurence la manière dont je fonctionne. Comme toujours sans... méthode.


Par Madspirit - Publié dans : Des mots
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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 13:11
Oui, bienvenue sur Overblog...

Je n'ai jamais goûté l'exhibition sur Internet : certaines personnes y trouvent sans doute une satisfaction en exhibant des photos plus ou moins gênantes éventuellement accompagnées d'un commentaire en kikoolol, d'autres en créant un skyblog qui se contente de copier-coller des articles (souvent sans mentionner la source) ou de coller des suites de photos prises par d'autres, je ne le comprends pas mais admettons. Pourquoi se lancer dans une course aux commentaires et aux visites surtout quand on apporte aucune valeur ajoutée ? Quelle satisfaction peut-on en tirer ? Est-ce gratifiant de se faire insulter ou encenser sans raison par des inconnus en langage sms ?

Passons, si je suis en train d'écrire ici c'est après tout que d'une manière ou d'une autre je suis prêt à me plier à une partie au moins de ce jeu narcissique qui consiste à étaler ses états-d'âmes, ses préférences ou ses réalisations au plus grand nombre possible de personnes... Mais peut-être est-ce aussi une forme de partage ? Qui sait si les mots qu'on écrit ne vont pas toucher quelqu'un, sans qu'on y soit pour grand chose le faire se poser des questions sur lui-même, peut-être de bonnes questions ?

Je ne me présente pas, je veux rester un inconnu, un inconnu qui parle de sa manière de voir le monde qui semblera sans doute naïve souvent, sincère pourtant et jamais désabusée. Un inconnu qui risque pourtant de dévoiler beaucoup de lui même... Un inconnu qui à moins de mal à se livrer aux inconnus qu'aux gens qui l'entourent... Un inconnu qui a souvent l'impression de venir d'une autre planète... Un inconnu enfin à qui cela fait parfois du bien de saisir au vol quelques unes des inombrables cogitations qui s'entrechoquent dans son esprit plus ou moins sain, de les coucher quelque par, alors pourquoi pas sur le net plutôt que sur un papier qu'il déchirera le jour où il retombera dessus par hasard ?
Par Madspirit - Publié dans : Divagations
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