Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 09:33

Voilà des mois que je n'ai plus rien publié sur ce blog, des mois de hauts et de bas, passant juste de temps à autres, presque par inadvertance, pour constater qu'il était toujours là ce témoin d'époques si proches et pourtant si lointaines, trop semblables quoi que très différentes.

Semblables parce que si je me retrouve ce matin à reprendre son cours c'est que je me trouve précisément en un de ces jours où je suis tiraillé entre la conscience des nécessités, l'envie de vivre et l'impuissance, l'absence un rien désespérante de l'énergie ou du courage nécessaire pour le faire là, maintenant. Me répéter que personne ne prêtera attention à mes yeux un peu trop rouges ni ne saura que je ne porte pas une des combinaisons de vêtements dans laquelle je me sens le plus à l'aise, pas plus qu'ils ne verront que je me sens mal. Parce que c'est vrai, le noeud du problème est peut-être là, je me sens - malgré tout - encore trop mal dehors pour arriver à maintenir les efforts de sorties au-delà de périodes courtes, quelques jours. Et puis, il faut bien l'avouer, mais c'est lié, même bien tranquille chez moi, je reste un procrastinateur enragé.


Ces choses me plombent, menacent de m'écraser au sol lorsque j'ai la prétention de décoller... Et bien quoi, pourtant, les choses ne sont-elles pas en train de changer, petit à petit ? N'ai-je pas de plus en plus la conviction d'être capable de devenir un moi même bien au-dessus de tous ces tracas, un moi fort et fier ? Le même en mieux, semblablement différent.


Depuis que je tiens ce blog bien des progrès ont été réalisés, relatifs et absolus, dans les manières de penser et d'aborder certains problèmes et dans les faits, quand bien même son rythme est saccadé pourvu que la courbe soit ascendante.

Concrètement ? Je me sais désormais capable - par exemple - d'entrer dans n'importe quel cinéma, n'importe quand, pourvu que l'envie m'en prenne,  capable également d'entrer dans n'importe quelle pharmacie pour y acheter ce dont j'aurais besoin, je me sais capable de fréquenter seul un hôtel, de faire ma lessive dans une laverie, de prendre l'avion ou de manger seul à la table d'un restaurant... De petites choses qui ouvrent des perspectives nouvelles. Mais voilà, toujours, le plus dur reste de sortir de chez moi. Lorsque je suis lancé je sais que l'angoisse est surmontable mais encore faut-il se lancer.

Je sens également de lents mais réels progrès dans mon rapport à l'autre et ma confiance en moi, ma confiance à réussir même si je ne sais pas encore quoi, je prends plus souvent des initiatives ou des responsabilités qui m'auraient terrorisé avant. J'aborde le monde et mes expériences d'une manière plus positive - allant jusqu'à ne plus craindre de risquer le ridicule - ne me sens plus si étranger au reste de mes congénères. Si l'avenir reste terriblement flou je développe une plus grande confiance dans son existence, ce n'est plus un mur noir que je ne m'imagine pas franchir autrement que très éventuellement et porté par les flots. Mes velléités de faire des projets, de rencontrer des gens, de vivre enfin, sont de plus en plus fréquentes même si le courage et l'énergie - toujours elle - de me lancer font encore trop souvent défaut.

Je suis en permanence à la croisée des chemins avec tout juste l'espoir de faire de plus en plus souvent le bon choix ou du moins l'un des bons choix... Ceux du oui, les choix de la vie, c'est à dire être capable d'accepter et de refuser pour d'autres raisons que la peur de dire ou non, ne pas me laisser entraîner ni retenir, aller ou rester où bon me semble.

Qu'il est long le chemin vers la sagesse ou, plutôt, qu'il est dur de passer de sa théorie à la pratique... Lentement mais sûrement !

 

Par Bélisaire - Publié dans : Au jour le jour - Communauté : partage
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